Là où marchent les dieux est un projet au long cours qui réunit dessin, film et écriture.
Il est né d’une interrogation : pourquoi certains lieux, certaines architectures, certains gestes ou certaines images nous donnent-ils encore le sentiment d’être habités par quelque chose qui nous dépasse ?
Plutôt que de chercher à définir le sacré ou à constater sa disparition, le projet suit les traces laissées par la relation entre les êtres humains et ce qu’ils ont appelé le divin. Il s’intéresse aux formes inventées pour approcher l’invisible, aux lieux qui les ont accueillies, et à ce qui continue d’agir lorsque les croyances, les civilisations ou les récits qui les ont produites se sont transformés ou ont disparu.
Dessins, films et textes appartiennent à un même territoire. Ils ne cherchent ni à démontrer une croyance ni à illustrer un récit. Ils recueillent des signes, des fragments, des architectures, des corps, des gestes et des survivances.
Dans les dessins apparaissent les vestiges d’une civilisation qui n’a jamais existé : architectures, réceptacles, passages et infrastructures dont la fonction demeure incertaine. Ils semblent provenir d’un passé encore à naître, à la frontière de la mémoire personnelle, de l’archéologie et du rituel.
Le film prolonge cette recherche sous la forme d’une conversation à sens unique avec Dieu. Une voix questionne ; Dieu ne répond jamais. Les images ne viennent pas illustrer les questions. Paysages, visages, gestes, ruines et accidents du réel peuvent devenir des réponses possibles, sans jamais résoudre l’énigme.
Le déplacement géographique devient ainsi un déplacement intérieur : les Météores — s’élever ; la Crète — naître ; la Sicile — traverser et se transformer ; le Portugal — hériter.
Ces territoires ne constituent pas les sujets du film. Ils sont les lieux successifs d’une même recherche : où les dieux marchent-ils encore ?